Balises numériques 32Ko
un projet de Catherine Rannou

production du Festival @rt Outsiders / Maison Européenne de la Photographie, Paris, 2009
en collaboration avec le Centre d'art contemporain Passerelle, Brest.

 
 

Balises numériques 32Ko

||||||||||||||| présentation du projet

en collaboration avec le Festival @rt Outsiders
et le Centre d'art contemporain La Passerelle.
A partir du 15 octobre 2008.

Echanges par courrier électronique, selon un protocole défini par l'artiste et lié à des contraintes techniques spécifiques, entre Catherine Rannou et cinq personnes de son environnement professionnel choisies par elle (Annick Bureaud, Ulrike Kremeier, Rafael Magrou, Roger Perrin-Jaquet et Jean-Luc Soret), pendant la durée de son séjour-voyage en Antarctique d'octobre 2008 à février 2009.

Catherine Rannou est artiste vidéaste, architecte et enseigne à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne (ENSAB). Elle poursuit un travail de recherche en collaboration avec l'Institut Polaire Français (IPEV), un laboratoire scientifique de glaciologie (LGGE), l'Australian Antarctic Division (AAD) et un bureau d'études techniques T.E.S.S., sur le continent antarctique, initié en 2006 lors d'un résidence d'artiste "art aux pôles" dans la station polaire française Dumont d'Urville.

Lors de sa "campagne d'été" (bourse de recherche Cultures France Villa Médicis hors les murs) sur la base française de Dumont d'Urville (DDU) et les bases franco-italiennes de Prud'homme et Concordia pendant l'été austral 2008/2009 (octobre 2008 – février 2009), Catherine Rannou propose à cinq personnes, proches de son environnement de travail, d’être associées à sa recherche à travers un protocole de communication et d’échanges sur la recherche entreprise in situ et pendant ses déplacements.

Les bases scientifiques antarctiques si elles sont d’abord des lieux de travail, sont aussi par la nature de leur isolement et du confinement obligé, des lieux de vie et d’intimités.
La communication des données, contrainte par l’extrême isolement du continent antarctique du reste du monde, est difficile et différée et l’échange par les moyens usuels du dialogue (téléphone, lettre, courrier électronique) est restreint à l’essentiel utilitaire, prioritairement technique.
Cette difficulté particulière d’un dialogue depuis le continent antarctique avec le reste du monde qui privilégie l’échange médiatisé de données numériques au détriment de l’expression du corps (voix, gestes…) est prise en compte par le protocole mis en place.

Des "prélèvements numériques" sont adressés par Catherine Rannou simultanément à chacun des cinq destinataires désignés sur toute la durée de son voyage : depuis son départ de Paris jusqu’à son arrivée à la base franco-italienne Concordia et lors du retour de Concordia à Paris.
Ces "balises numériques", quelqu'en soit le contenu (dessins numérisés, photos numériques, capture vidéo, texte…), sont contraints par la taille maximum autorisée de l’échange, soit 32Ko.

Ces échanges constituent des sortes de balises ou signaux, lesquels peuvent être en retour interprétés, commentés, élargis et retournés par les destinataires à l’envoyeur ainsi qu'aux autres destinataires du projet, étant compris que l’éloignement s’accusant au fur et à mesure du parcours, les déconnexions, blancs et autres difficultés des transmissions, distordent l’échange. Un espace parallèle doit se dessiner, en négatif, à la façon d’un radar qui enregistre l’écho des ondes qui rebondissent sur l’obstacle.

Contenus

Les prélèvements sont libres, tout en restant liés au regard de l'artiste les effectuant et au format d'exportation des données. C'est un regard sur les questions d'aménagement du territoire, d'appropriation spatiale, de gestion de pénuries et des déchets, d'import-export, de distorsion des temporalités et des repères spatiaux, de logistique. Ce sont des relevés qui mesurent, par leur cumul et leur chronologie, l'espace parcouru. Les échelles des mesures sont variables, les sujets également, c'est un regard transversal, une sorte de vision en coupe 3D, du "système Antarctique".

Fréquence

Les distorsions temporelles permettent difficilement de fixer des horaires fixes et jours fixes. Un envoi minimum par semaine sera effectué suivant les conditions de communications et de transports. Soit au total une quinzaine de balises numériques minimum seront envoyées. La fréquence des envois des destinataires est libre. Les balises sont émises à des destinataires localisés en France, dans un milieu professionnel bien précis, mais il n'est pas attendu nécessairement de réponses immédiates ou de questions.

Mode de classement

La chronologie temporelle, en temps universel, sera conservée comme mode de rangement lors des échanges. Au retour, d'autres modes de classement pourront être envisagés, suivant les supports de diffusion.

Diffusion

pendant la durée du déplacement-voyage

Festival @rt Outsiders / Maison Européenne de la Photographie, Paris
l'ensemble des échanges est consultable sur le site du festival @rt Outsiders. Un lien est fait depuis le site d'@rt Outsiders vers le site du Centre d'Art Contemporain Passerelle.

Centre d'Art Contemporain Passerelle, Brest
une installation présente les balises numériques envoyées par l'artiste en direct et un lien est fait depuis le site du Centre d'Art Contemporain Passerelle vers le site d'@rt Outsiders.

Destinataires

  • Annick Bureaud (AB)
    Critique d'art, chercheure, co-commissaire d'@rt Outsiders 2009, directrice de Leonardo/Olats
  • Ulrike Kremeier (UK)
    Directrice Centre d'Art Contemporain Passerelle
  • Rafael Magrou (RM)
    Critique et commissaire d'expositions (architecture design et arts)
  • Roger Perrin-Jaquet (RPJ)
    Professeur sociologie de l’habitat (ENSAB)
  • Jean-Luc Soret (JLS)
    Directeur artistique du festival @rt Outsiders / Maison Européenne de la Photographie, Paris.