Balises numériques 32Ko
un projet de Catherine Rannou

production du Festival @rt Outsiders / Maison Européenne de la Photographie, Paris, 2009
en collaboration avec le Centre d'art contemporain Passerelle, Brest.

 
 

09/02/17-TU11H19 - CR - antarctique, logistique et sciences durables

 

SAUVETAGE DE LABORATOIRES, bâtiment 26, labo 2, 2007 station Dumont d'Urville C.RANNOU
Le même bâtiment en 2009 : étanchéité en bardage suite à de nombreuses fuites, station Dumont d'Urville 2009 C.RANNOU

Cette année la station antarctique italienne "Mario Zucchelli" n'aura été ouverte que 4 semaines, les fonds italiens consacrés à la recherche et à l'Antarctique se réduisant comme une peau de chagrin. Cette station construite entièrement en containers il y a 20 ans, est difficilement entretenue par un seul état, qui a une politique de moins en moins favorable à la recherche. Aujourd'hui sa politique est de se tourner vers le nucléaire.
La station Concordia franco-italienne n'est toujours pas terminée par manque de fonds.
La station Dumont d'Urville demande une réhabilitation quasi totale.
Les stations russes semblent ne pas être dans un meilleur état, alors que situées dans des sites intéressants scientifiquement.

Au même moment une station belge est construite, en grande partie financée par une fondation privée, à grand renfort de communication sur son respect de l'environnement et de sa non émission de CO2. Station qui aura comme toutes les stations des engins à moteur diesel, et du gas oil pour alimenter ses groupes électrogènes, lorsque le soleil et le vent n'y parviendront pas.
Station qui propose aux scientifiques de travailler sur exactement les mêmes programmes développés dans d'autres stations existantes : le réchauffement climatique et autres produits dérivés. La communauté scientifique est inquiète sur les financements à venir pour la recherche. Les problèmes liés à la logistique polaire ayant multiplié par 3 le budget travaux.
Une station de plus ?

Ne serait il pas plus judicieux que les pays soient plus solidaires et moins revendicateurs de territoires, afin d'entretenir et améliorer ce qui existe déjà en Antarctique. Et de créer des petite stations plus souples et plus mobiles ?
De proposer à des pays non représentés en Antarctique d'avoir accès à ce continent et de permettre une vraie mixité internationale. N'est ce pas cela être durable ?

La question également de financement par des fondations privées de stations scientifiques ne met pas à l'abri le continent Antarctique de création de bâtiments dérivés (hôtels par exemple), sous couvert de recherches scientifiques. Qu'est ce qui garanti que ces fondations privées cèdent ensuite ce type de bâtiments aux pays et à la science sans compensations masquées ?
Quelles différences fonctionnelles y aurait-il entre un hôtel et une station scientifique, à part les quelques laboratoires où les scientifiques y finiraient en figurants...
Il est déjà question de ce type d'ambiguïtés pour certains navires japonais qui sous couvert de recherche scientifique chassent la baleine intensivement.
Le nombre de bateaux de croisières et de touristes arpentant l'Antarctique arrive cette année à 46 000 touristes pour 4 230 scientifiques et personnels techniques au total durant l'été austral, il est légitime de se poser quelques questions.

Le continent Antarctique est en train de devenir un bien de consommation comme un autre.

Il ne s'agit pas d'empêcher totalement le tourisme en Antarctique mais d'anticiper afin de voir comment une collaboration constructive et à long terme peut être possible, et d'éviter la création d'un nouveau parc de loisir thématique.
Les recherches minières sont gelées, pour l'instant, par le protocole de Madrid.

Un comité, le "COMNAP (Council of Managers of National Antarctic Programs), travaille et veille à ces questions de tourisme et d'exploitation minière en Antarctique en concertation avec chacun des membres des pays engagés dans le traité de l'Antarctique.
Les décisions modifiant le traité de l'Antarctique doivent être votées à l'unanimité pour être appliquées or les intérêts des pays ne sont pas tous les mêmes (http://www.ats.aq, https://www.comnap.aq).
Le traité de l'Antarctique, prolongé par le protocole de Madrid, reste applicable jusqu'à 2041, ensuite les pays signataires pourront ils revendiquer à nouveau des terres en Antarctique et les exploiter, si aucun accord pacifiste n'est trouvé à la majorité entre les signataires?