Balises numériques 32Ko
un projet de Catherine Rannou

production du Festival @rt Outsiders / Maison Européenne de la Photographie, Paris, 2009
en collaboration avec le Centre d'art contemporain Passerelle, Brest.

 
 

09/01/31-TU10H00 - CR - un bateau passe

Hobart Tasmanie C.RANNOU 2009

K avait réservé une table dans un restaurant de poissons sur la baie de Hobart, le lendemain de mon arrivée.
J'allais à nouveau manger du poisson et des légumes frais après des semaines d'alimentation décongelée.
K ne mange plus de viande depuis longtemps, car l'élevage du bétail consomme trop d'eau, elle ne plante que des arbres "natifs" sur son terrain, elle résiste aux superbes roses, plantes exotiques de beaucoup de "jardins anglais" de Tasmanie. Elles consomment aussi beaucoup d'eau.
K récupère les eaux pluviales pour son terrain, mais aussi en prévision des incendies de forêt dans de grands "water tank" en galva, comme beaucoup de Tasmanien.
Elle manifestait il y a deux semaines contre la déforestation intensive de la Tasmanie.
Elle est biologiste, artiste, et navigue sur l'Aurora Australis, navire polaire australien, en tant que coordinatrice entre sciences et logistique.
Au moment de prendre K en photo devant la baie vitrée, un bateau rouge traverse le champ. C'est l'Astrolabe qui repart pour son avant dernière rotation de l'année, chargé de quelques containers et de matériaux de constuction.
Notre réaction à toute les deux a été la même : "mais qu'il a l'air fragile et petit pour affronter ces mers les plus dangereuses et isolées du globe".
K parce qu'elle le comparait au bateau australien qui est grand comme une "barre d'immeuble", et moi parce qu'il avait été pendant plus de 15 jours, l'espace le plus grand et le plus protecteur que je pouvais trouver, qu'il était immense à parcourir lorsque la mer était déchaînée, et profond au moment où j'allais envoyer quelques mails du fond de la cale aménagée en espace de travail.
C'est aussi par ce "petit bateau" que l'Institut Polaire- IPEV a emporté l'ensemble des matériaux utiles à la construction de la station Concordia, pour ensuite les remonter par le raid cargo de 1200 km,
Et cela c'est un véritable exploit logistique.