Balises numériques 32Ko
un projet de Catherine Rannou

production du Festival @rt Outsiders / Maison Européenne de la Photographie, Paris, 2009
en collaboration avec le Centre d'art contemporain Passerelle, Brest.

 
 

09/01/20-TU12H31 - CR - décharge napolitaine

La petite histoire serait la suivante :

Pendant le chantier de construction de la station franco-italienne CONCORDIA, les déchets organiques, particulièrement les selles et l'urine, auraient été effectués au départ dans de petits sacs plastiques, l'odeur de selles brûlées n'étant pas du goût de certains membres de la communauté franco-italienne de l'époque, cette solution aurait été élue. Ces sacs furent entassés petit à petit dans des containers, se congelant immédiatement. Aujourd'hui ces déchets deviennent un problème inextricable : en effet ils sont durs comme pierre, quoique l'été des odeurs nauséabondes parviennent à s'échapper malgré les -30°. Il est impossible dans l'état, avec la meilleure volonté, d'effectuer un tri et d'extraire le plastique comme il se doit aujourd'hui à Concordia.
Descendre ces déchets vers la mer signifie les soumettre à des températures plus clémentes, et donc une décongélation et des suintements sont prévisibles. D'autre part il serait impossible d'infliger à qui que ce soit d'effectuer un tel tri dans ces conditions. Les rapatrier via l'Australie signifie trouver un bateau frigorifique qui puisse stocker de tels containers à -20°, ce qui est semble t-il quasi impossible, ou démesurément coûteux dans ces mers déchaînées. La science et la recherche ayant déjà du mal à avoir des fonds pour pérenniser leurs installations scientifiques et logistiques. En admettant que ce rapatriement soit possible, l'Australie, continent le plus proche, n'accepterait pas des déchets non triés ce qui est légitime. Ces déchets devraient donc quitter le sol Australien pour la France, soit deux mois de cargo, toujours frigorifique, où de toutes les façon le problème se poserait à nouveau en France.
Conclusion : ces déchets ne peuvent quitter le continent Antarctique et ne le quitteront pas pour l'instant. Et pourtant, le raid-cargo que j'ai emprunté a descendu un de ces containers jusqu'à la côte... il n'est pas difficile d'imaginer la suite... la plupart des stations antarctiques adoptent les mêmes solutions... l'héritage d'une certaine époque insouciante et inconsciente étant très lourd aujourd'hui pour les nouvelles générations qui sont et seront amenées à gérer la logistique des stations antarctiques.

C.RANNOU